La Sécurité sociale nous protège depuis 75 ans. Elle nous est indispensable, préservons-la !

La Sécu, c’est un système assurantiel universel qui nous protège des accidents de la vie, de notre naissance à notre mort. C’est le patrimoine de toutes et tous, sans exception.

Si par malheur nous tombons malade ou si nous perdons notre emploi, l’ONSS ou plus simplement la Sécurité sociale nous garantira le remboursement de nos soins ou un revenu de remplacement.

La plus belle invention du 20ème siècle, construite petit à petit !

La Sécurité sociale n’a pas toujours existé et elle n’est pas tombée du ciel.

A la fin du 19ème et au début du 20ème siècles, une série de caisses de secours et d’assurances sociales, généralement créées sur bases de cotisations volontaires, voient le jour. Sous la pression et à l’initiative du mouvement ouvrier et syndical.

La crise et les grandes grèves accompagnées d’émeutes de 1886 mettront la question sociale à l’agenda politique. Les mutuelles mises sur pied par les ouvriers organisés reçoivent des subsides, mais on est loin d’un système d’assurances sociales généralisé.

Les premières lois sociales font leur apparition au 20ème siècle :

  • Loi de 1903 sur les accidents du travail ;
  • Loi de 1920 sur le Fonds national de Crise – assurance chômage ;
  • Lois de 1924 et de 1925 sur l’assurance vieillesse ;
  • Loi de 1927 sur les maladies professionnelles ;
  • Loi de 1936 sur les vacances annuelles.

Les assurances en cas de maladie, d’invalidité ou de chômage restent des assurances libres subventionnées.

Le Pacte social au lendemain de la Seconde Guerre mondiale

Ce n’est qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale qu’un système complet d’assurances sociales sur base de cotisations obligatoires a été mis sur pied sous l’égide de l’État.

Le Pacte social est négocié dans la clandestinité sous l’occupation. Il va déboucher sur l’Arrêté-Loi du 28 décembre 1944 qui donne naissance à l’Office national de Sécurité sociale.

À partir de là, la couverture sociale va aller en s’élargissant pour toucher toutes les couches de la population du début à la fin de la vie.

Comment ça fonctionne ?

La sécurité sociale est une assurance :

Sociale:

Elle est née d’un accord social entre travailleurs et employeurs qui ont décidé de mettre de côté une partie du salaire pour s’assurer contre de nombreux risques de la vie professionnelle, de santé ou sociaux. La Sécurité sociale nous garantit un revenu de remplacement ou de complément si l’on est empêché de travailler. Dans certains domaines comme les soins de santé, cette garantie s’étend même à des bénéficiaires n’ayant jamais cotisé.

Solidaire:

Tou-te-s les travailleur-euse-s cotisent dans un pot commun. Les personnes actives et en bonne santé cotisent pour les personnes empêchées de travailler. Ces cotisations représentent un pourcentage du salaire – peu importe la hauteur. Elles sont progressives : celui qui gagne plus paie plus.

Collective:

Il s’agit de cotisations collectives prélevées sur nos salaires, et qui servent à assurer l’ensemble des travailleurs.

Obligatoire :

Ni l’employeur, ni le travailleur n’ont le choix de s’affilier ou pas.

Ces caractéristiques sont le garant de son efficacité et assurent le bien-être de chacun d’entre nous.

Comment finance-t-on la Sécurité sociale ?

Le financement de la sécurité sociale repose principalement sur trois sources :

1 ) Les cotisations sociales versées par les salariés (13,07% du salaire brut) et les cotisations sociales versées par les employeurs (25%) :

Elles sont récoltées par l’ONSS – Office national de Sécurité sociale des travailleur-euse-s salarié-e-s. Il s’agit de la source principale du financement de la Sécurité sociale.

2) Le financement direct par l’Etat :

Système de dotation – bien que celui-ci se soit réduit au fil du temps.

3) Le financement « alternatif » :

Il est, pour l’essentiel, prélevé sur les recettes de la TVA et des accises sur le tabac.

Quand la Sécurité sociale intervient-elle  ?

Les allocations familiales:

Avoir un enfant, c’est un bonheur ! Mais cela engendre également de nombreux frais. De sa naissance à son entrée dans la vie professionnelle ! Grâce à la Sécurité sociale, le petit coup de pouce des allocations familiales est le bienvenu.

Pour les enfants nés au 1er janvier 2020, les parents percevront 155 € avant 18 ans et 165 € après 18 ans.

Attention ! Pour les enfants nés avant le 1er janvier 2020, les montants perçus restent inchangés. Toutes les infos ici : https://www.wallonie.be/fr/actualites/reforme-des-allocations-familiales

Le remboursement des soins de santé et/ou les indemnités en cas de maladie ou invalidité:

Grâce à la Sécurité sociale, si nous sommes malades, nous sommes remboursés et/ou indemnisés.

L’assurance maladie nous rembourse la plus grosse partie de nos frais médicaux.

Et en cas d’incapacité de travail pour cause de maladie, nous recevons dans un premier temps notre salaire garanti payé par l’employeur. Puis, si la maladie se prolonge, c’est la Sécurité sociale, via les mutuelles, qui nous verse un revenu de remplacement. Source des chiffres renseignés dans les visuels : https://www.azdelta.be/fr/patient/quel-en-est-le-cout-pour-vous/estimations-de-prix/ablation-de-lappendice-par-voie

Les congés payés:

Grâce à la Sécurité sociale, à nous un repos bien mérité ! Sur base de notre travail de l’année précédente, nous pouvons profiter de 4 semaines de vacances en touchant notre salaire, le pécule de vacances, et un deuxième mois de salaire – moins les taxes –, le double pécule.

Pour disposer des 20 jours de congés payés, il faut avoir travaillé un an complet. Si on a travaillé moins, on aura donc proportionnellement moins de jours. Logique.

Mais certaines périodes d’inactivité, par exemple en cas de repos de maternité ou de congé de paternité, de maladie ou d’accidents du travail, et même les jours de grève, sont assimilées à des jours de travail et donc prises en compte dans le calcul des jours de congés payés de l’année suivante.

En cas d’accident du travail:

Un accident sur le lieu de travail ou sur le chemin du travail est vite arrivé. Incapacité provisoire, convalescence ou revalidation, voire incapacité permanente : grâce à la Sécurité sociale, nous ne sommes pas sans revenu. Le Fonds des Accidents du Travail paie nos soins de santé et nous verse un revenu de remplacement le temps qu’il faut.

Mais il n’y a pas que les accidents. L’exposition à des agents chimiques ou aux poussières, au bruit, aux vibrations, les gestes répétitifs, etc. peuvent provoquer des maladies professionnelles. La Sécu, là encore, intervient via le Fonds des Maladies professionnelles pour ne pas nous laisser sans le sou.

En cas de perte d’emploi:

Les emplois garantis à vie, ça n’existe plus. Les entreprises vivent et meurent. Les emplois aussi. Faillites, restructurations et licenciements collectifs sont aujourd’hui fréquents. Les emplois se font rares. Retrouver un job peut prendre du temps. Heureusement, grâce à la Sécurité sociale, l’assurance chômage fournit un revenu modeste de remplacement.

Pendant les 3 premiers mois de chômage, ce revenu équivaut à 65% de la dernière rémunération limité au plafond salarial de 2.700,75 € brut. Toutes les infos sur les allocations de chômage : https://www.onem.be/fr/documentation/feuille-info/t67

A la pension:

En moyenne, nous travaillons les 2/3 de notre vie. À un moment donné, nous avons bien le droit de souffler ! Grâce à la Sécurité sociale, nous bénéficions d’une pension légale – trop modeste – garantie à vie.

Le calcul de la pension se fait en pourcentage du salaire gagné durant toute sa vie.

Il existe une pension minimum en cas de salaire peu élevé. Elle est de 1.146 € pour 45 ans de travail. D’un autre côté, pour les travailleur-euse-s qui ont eu, toute leur carrière durant, un salaire élevé, la pension légale est plafonnée à 2.180 € brut.

Il existe également des aménagements plus spécifiques suivant la situation familiale des personnes pensionnées ou pour celles n’ayant pu effectuer une carrière complète. Plus d’infos sur le calcul des pensions : https://www.sfpd.fgov.be/fr/montant-de-la-pension/calcul

La Sécurité sociale nous protège depuis 75 ans. Elle nous est indispensable, préservons-la !

Aujourd’hui, la Sécurité sociale est en danger ! Alors qu’elle nous est indispensable, qu’elle est un outil d’égalité.

Les pensions sont attaquées sous prétexte que l’on vit plus vieux, que les personnes âgées sont plus nombreuses et que les pensions seront, à terme, impayables. Alors que nos pensions sont parmi les plus basses d’Europe !

Les soins de santé sont de moins en moins bien remboursés.

Enfin, les allocations de chômage font également l’objet d’attaques virulentes. Malgré la pénurie d’emploi, les chômeur-euse-s sont pointé-e-s du doigt et stigmatisés comme s’ils profitaient de la situation.

En  Belgique, le seuil – de risque – de pauvreté se situe pour un isolé à 1.085 € par mois. 15% des Belges ont des revenus en dessous de ce seuil. Pourtant, sans la Sécurité sociale, ils seraient 27% !

Mais aujourd’hui, devenir bénéficiaire d’une allocation sociale de remplacement devient de plus en plus souvent synonyme de précarité.

Il faut refinancer la Sécurité sociale. Les cadeaux aux employeurs sous forme de réductions de cotisations patronales, le recours à des formes de salaires exonérées de cotisations et la précarisation de l’emploi minent les recettes de la Sécurité sociale. Un financement supplémentaire peut et doit être trouvé via une fiscalité juste et l’introduction d’une cotisation sociale généralisée. Et ce, afin que notre système de protection sociale réponde aux besoins à venir en termes de santé et de vieillissement.

Concrètement, il faut :

  • Exiger une pension minimum de 1500 € net par mois ;
  • De meilleurs remboursement des soins de santé ;
  • Chasser le chômage et non les chômeur-euse-s via une réduction collective du temps de travail avec embauches compensatoires.
  • Une fiscalité juste.

Les moyens existent. L’argent se trouve dans la poche des actionnaires !

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Source: FGTB Liège-Huy-Waremme